Quand j’étais plus petit, j’aimais bien faire du skate, je trouvais qu’on avait l’air moins bête que sur un vélo. Je ne portais pas de pantalons amples, pas de casquette, pas de bouc (oui bon, à 8 Ans...) ni de Collier Hawaïen fabriqué a Taiwan. Je me trompe peut-être, mais aujourd’hui, si on fait du Skate, on doit s’habiller en Skateur. Le Moyen de déplacement devient une Fin. Je vois souvent des Skateboard avec écrit « Skateboarding is a way of life ». Alors là il va falloir m'expliquer, les Enfants. Une manière de vivre ? Etrange.

Souvent, dans les Vidéos, ils mettent de la Musique dite Extrême, je vois pas en quoi faire un aller et retour sur une rampe en U est extrême. Si on mettait le Concerto Champêtre de Poulenc à la place, ça donnerait quoi ? On dit aussi de la Musique de Skateur quelquefois, parce que le Chanteur porte un Bouc, des Lunettes à la Clark Kent, des vêtements amples, un Collier Hawaïen, une Casquette et crie très fort dans le Micro pour chanter sa révolte de la hausse du prix des Roulements à Billes. Je ne comprends pas le Hardcore. « Hardcore is a way of life » Et ma main dans ta gueule ? Une fois, à la MJC du coin, j’ai été à une Soirée Hardcore, avec trois groupes passant cette Soirée-là. Le Régisseur Lumière qui doit bien se farcir ce genre d’évènements m’avait prévenu que je me fendrais la poire en deux. Et c’est vrai, il ne manquait rien, tout était là.


La Foule était constitué de Clones plus ou moins similaires, avec des vêtements amples, des Colliers d’Hawaii, des Boucs, des Piercings, des Nattes, des Dreads, des Joints, et surtout une attitude Top Rebelle délectante : « Fuck le Systeme !! » - T’as raison mec, elle est où la buvette ? et autres Commentaires valables. T-Shirts avec le A de Anarchie, et ce pauvre Che Gevara (qui n'avait rien demandé à personne) imprimé sur la poitrine de tous ces gens.

Commence le Concert. Sourires. C’est mignon, vu de loin, l’agitation vaine d’un tel évènement. Le Chanteur, en parfait Clone de Rage Against The Machine, avait des Dreads, un Pantalon ample, et des Bracelets Esthétiques. Il tenait son Micro comme une Arme, alors que le Micro n’est qu’un moyen d’amplifier sa voix aux moyens d’amplificateurs. Il hurlait très fort, pendant que la guitare saturée et la basse (qu’on entendait pas) jouaient. Le Batteur faisait aussi beaucoup de bruit, car quand même, la vie n’est pas cool. Le Chanteur braillait ses lieux communs sur le Méchant Système Babylone tout ça, mais on ne comprenait rien. D’où mon extrême perplexité quand au Hardcore, que je vous expose juste ci-dessous.

Quel intérêt de pondre des Textes « engagés » (donc qui devraient être en principe intéressant à écouter) si personne ne les comprend ? Mettons-nous à sa place, si je voulais qu’on me comprenne, je ferais de mon possible pour que ça soit intelligible, non ? Brel, Brassens ou Ferré n’ont pas eu besoin de hurler il me semble ? Le Fond, la Forme, décidément, le Hardcore aime la Forme, l’Apparence. Voir toute la Mode qui en découle, véritable trouvaille Marketing « La Mode Musicale » (Gothique, Hardcore, Techno, Black Métal) qui consiste à faire s’habiller les Jeunes suivant la Musique qu’ils écoutent. Je suis curieux de voir ça adapté à la Musique Classique ! Et à Stockhausen ?

Le Groupe de Hardcore continuait son vacarme depuis un moment, du coup, je regardais le Public. Et là, merveille à la Orwell, une troupe de Robots ! Tous ceux qui avaient les cheveux un tant soit peu longuets tournaient leur cheveux en rond, une deux, une deux, une deux, pour bien signifier au Groupe qu’ils trippaient. Il y avait aussi des Pogos et des Slams. Les Pogos, ça consiste à se faire mal en se cognant avec l’épaule. Je ne comprends pas. Le Slam, ça consiste à sauter dans le Public, pour qu’il nous porte. Après, on retombe sur ses pieds, et on peut Pogotter, puis Re-Slamer.

J’ai fait quelques croquis plutôt réussis, in-situ, pour me souvenir de cette merveilleuse Soirée. Autre merveille, quand on va vers la Buvette, c’est de se faire accoster par les inévitables Stands Anti-Mondialisation tenus par des Jeunes qui ne font pas de différence entre être « contre » et « ne rien faire pour ». Amusant. On se fait vite fait mal voir, car tout cela n’est pas un raisonnement consensuel pour le Petit Monde des Jeunes en Colère. Donc, le Hardcore, faudra qu’on m’explique.


[ 6 Mars 2004 - E-Mail ]