Il fait Nuit Noire, les quelques Lampadaires au bord de la Route Enneigée marquent la Limite entre la Réalité et la Quatrième Dimension. Quelques voitures passent derrière nous, leur Son ronronnant de plus en plus faiblement, la Musique de la Ville s’éteint sous le Silence des Flocons (tiens ça ferait bien comme Exemple de Cul-Cul la Praline, cette Phrase « la Musique de la Ville s’éteint sous le Silence des Flocons »…), nous entrons sur un Grand Campus, via une Grande Pelouse Blanche Vierge et Scintillante. Calmement, passant à travers quelques Broussailles fragilisées par le Gel, je me souviens de la Rue, derrière, qui n’est déjà qu’un Souvenir, la Distance et l’Environnement étant complètement différents par ici, à cause de la Peur. Même pas la Peur de la Transgression, je suis dans un Rêve et je le sais. Oui, je le sais.

Aparté : Je ne sais pas si certains arrivent à se contrôler dans leur Rêve, mais ça donne à peu près ça : vous savez que c’est pour de Faux, donc vous faites à peu près tout ce que vous voulez, et y réalisez tous vos Désirs, comme sauter d’une Falaise, et se réveiller juste après, le Cœur serré remontant vers le cou. Vous courrez très vite, tendez vos Bras, et hop on s’envole au-dessus de la Ville. On peut aussi courir nu dans un Supermarché.


Je reviens à la Peur. La Peur de ne pas savoir ce qui nous attend dans cet Endroit Abandonné, en pleine Nuit Noire constellée de Flocons (désolé si je paraît trop Poétique et gonflant, mais j’écoute ce Morceau et je n’y peux rien, c’est Bouleversant de Beauté) malgré le fait que l’on soit dans un Rêve. La Peur, mais aussi le Confort. Le Confort de ne plus être dans le Monde, mais « à coté », dans un Endroit qui a cessé d’exister Officiellement.

La Peur de se réveiller, et, la Peur du Noir aidant, tout le Rêve devient Réalité : la Flippe Totale : les Ombres des Arbres qui se reflètent via un Lampadaire sur un Mur (vous connaissez « Patterns » de Simon et Garfunkel ? Pas pour les Musiques, mais pour le Premier Couplet) et qui dessinent un Profil de Femme Gorgone, mon Dieu faites que ce Visage ne se tourne pas dans ma Direction, déjà que je n’ose pas le regarder.

Le Rêve sur le Campus Abandonné, la Neige. Nous ne sommes plus dans le Monde tel qu’on le connaît, ici, différentes Règles régissent les Eléments. Ce ne sont plus les mêmes Bruits. Ici, ils font peur. Pas en Ville, pas sur la route, tellement rassurante, bardée de Lampadaires Oranges éclairant le Goudron. Ici, ce n’est plus le Monde, c’est la « Peur ». Il n’y a que la Peur, tout est gouverné par la Peur : on choisit là où on met les Pieds, de peur de tomber, on ne regarde pas trop les fenêtres au loin, de peur d’y apercevoir un Visage. On parle beaucoup avec les Gens qui nous accompagnent, pour se rassurer, pour qu’il y ait une présence réconfortante, pour que la voix couvre les Bruits du Vent dans le Bâtiment. Nous sommes 5, ou 4, je ne sais plus. Une seule Lampe Electrique, hyper pratique On avance à petits pas dans la Neige, la silhouette du Grand Bâtiment apparaissant au fur et à mesure.

Les yeux s’habituent à l’obscurité, et cadrent mieux l’endroit. C’en est presque rassurant, mes Yeux regardent aussitôt par quel chemin s’enfuir, au cas où ça tournerait mal. Mais pourquoi est-ce que ça tournerait mal ? Toujours ma Paranoïa de tomber sur quelque chose de Lugubre, alors que la Réponse est simple : pourquoi est-ce qu’une Chose Terrible se passerait ici et maintenant alors que ce Bâtiment est abandonné depuis plus de 30 ans ? Cette envie bizarre qui veut que je désire qu’un Evènement se produise, sans doute pour que ça vaille le coup de s’être déplacé.

La Route, derrière, paraît loin. Il ne se passe rien, il y a trop de vent pour entendre les bruits du Vent, tant mieux. Mais la Peur revient quand même. Le Bâtiment ressemble à mon Ancien Lycée, celui où j’ai vécu mes Meilleures Années Scolaires.

Tout à coup, un Frissonnement vous prend, car vous êtes resté trop longtemps debout à regarder un coin de fenêtre. Juste assez pour trembler pendant 10 minutes et imaginer des choses qui feraient peur (voir surgir à un angle Michael Myers) alors qu’il n’y a rien. Les Endroits Abandonnés ne sont pas hantés. Le Paranormal n’existe pas, à part les Rêves Prémonitoires (et ça me fait soule d’en avoir fait quelques uns, car si les Rêves Prémonitoires existent, alors c’est la Porte Ouverte aux autres Trucs même pas drôles comme le Corps Astral, la Voyance etc).


Déception. Rien, que dalle, j’en ai visité pas mal, des Baraques Abandonnées, je les ai cherché, les fantômes, j’ai été seul, la Nuit, dans un Asile Abandonné, et rien de rien. Rien. Alors pourquoi y aller ? Si je commence à en parler, cette Page va se transformer en Vraie « Page sur la Déprime » (qui existe déjà, mais Inversée), et là, c’est trop intime, trop tôt, ni le lieu ni l’endroit. Pas demain la veille. La visite du Campus ne se fera pas. A peine à l’Entrée, on s’asseoit tous par terre, dans le Hall, et un Type avec nous sors une Poêle à Frire, et met dedans du Fluff. Le Fluff, c’est de la Pate à faire des Schammalows. Immonde. Si on rajoute du Peanut Butter avec, ça fait des « Fluffer Nutter ». Spécial dédicace à Apsocore quand on a découvert un Pot de Fluff au Continent à coté du Lycée, en 1999. Pourquoi faire chauffer du Fluff en pleine Nuit ? En tout cas, je ressors, accompagné d’une Personne dont je ne me souviens pas, et là, quelque chose de tout à fait normal se produit : je vois des Flashs Bleutés apparaître sur la Façade du Bâtiment. On ne sait pas bien d’où ils sortent, il n’y a aucun Appareil Photo dans le coin suspendu en l’air pour faire des Flashs comme ça, sur la Façade, à 10 Mètres au-dessus du sol. Raisonnement cartésien inutile, car je suis dans un Rêve.

Puis brusquement, je me souviens comment je suis arrivé dans ce Campus, aux USA : en Bateau. C’est le Réveil, à 3h24 du Matin, et je vois encore la Gorgone de Profil sur ma Porte. Je la prends en Photo (oui bon, on ne voit absolument rien) et du Bruit Numerique apparaît sur la Photo, comme si les Flocons avaient traversé le Miroir et étaient venus s'incruster sur la Photo. Poétique, n'est-il pas ? Pour me rendormir, j’écoute ça. Offering : Afiieh. Pour parachever le tout, je cherche dans Google une Image de Campus sous la Neige, et je tombe en 30 Secondes sur le MEME Campus que dans le Rêve : la Première Image de cette page, si vous remontez plus haut. Et les Tch-Tch-Tch de « Afiieh » y font Echo. La Peur, c’est Magique.

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[ 26 Aout 2005 - E-Mail ]