Si il y a bien un Truc Chiant avec le Temps, c’est la Mémoire qui s’en va, et les Sensations qui disparaissent. Sur cette Page, je parlerais de l’Ecole, et la Vie lorsque j’y étais, mais surtout, du Trouble que je ressens souvent en n’arrivant pas à me souvenir de la façon dont se déroulait une Journée là-bas. Je me souviens un peu de la Maternelle, de la photo de Classe où nous étions tous assis dans l’Herbe, devant la Palissade (Pointue) Verte et Blanche avec (déjà) la Peinture qui s’écaille et les Echardes impossibles à enlever, même en passant toute une Après-Midi dessus. Sourire car le Photographe nous demandais de sourire. Je me souviens que l’Herbe était Propre, et qu’à aucun moment je ne me suis demandé si on risquait de s’asseoir dans une Merde. Alors qu’aujourd’hui, je regarde Deux fois avant de m’asseoir dans l’Herbe. J’ai appris la Méfiance, bien que je ne me sois jamais retrouvé le Cul posé sur une Crotte. La Journée en Classe Maternelle, je ne m’en souviens absolument pas. En fait, je ne sais plus à quelle Heure ça commençait et à quelle Heure je finissais. |
C’est Flou, et ça
contribue au Facteur « Hors du Temps » qui joue un Rôle
Essentiel dans des Tas de Bons Moments qu’on a passé, mais
sans se souvenir de leur Horaire. Peut-être que je suis trop obsédé
par les Chiffres et qu’en même temps je hais les Gens qui
raisonnent en Chiffres (Commerce etc). Je me souviens d’un Immense
Dessin de Château Fort, bien
Grand, avec plein de Créneaux partout. |
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L’Ecole Primaire, c’est tout de suite un autre Monde. Les Rivalités arrivent, les Personnalités éclosent Petit à Petit, et j’ai l’Impression que c’est à cette Période qu’on se met à « trier » les Choses : Amis, Goûts, Projets. En Maternelle, on est tous Amis, en Primaire, les Fissures arrivent, les Bastons, les Rancoeurs, les Histoires de Cœur, les Contrôles, la Peur d’avoir une Mauvaise Note. Je me souviens que c’est durant l’Ecole Primaire que j’ai su tout de suite ce que je voulais faire plus tard : du Dessin. Et je me souviens surtout qu’aucun de mes Amis ne savait ce qu’il voulait faire « plus tard ». Je n’ai aucun Sentiment par rapport à ça, je ne me sentais nullement supérieur, nullement inférieur. Juste, je « savais » ce que je voulais. |
On
me parle souvent de « Don », et je me souviens d’un
Documentaire Passionnant sur Arte qui traitait de ce Thème, et
un des Intervenants exposait une Hypothèse qui me fait Froid dans
le Dos : « Un Enfant qui sait ce qu’il veut faire plus tard
a en fait PEUR de ne rien faire, et du coup il se persuade qu’il
sait déjà ce qu’il veut faire en fonction du Don qu’il
a ». Ainsi, un Ami rêvait de faire Sport Etudes,
un autre voulait devenir Architecte, moi c’était le Dessin,
et je ne me souviens pas de ce que voulaient faire les autres. Est-ce
qu’on se raccroche vraiment à son Don par Peur d’être
comme ceux qui ne savent pas ce qu’ils veulent faire ? Ou alors
est-ce qu’on a vraiment un VRAI Rêve ? Et si oui, il vient
d’où ? Ca me travaille beaucoup, cette Histoire d’Amorce, de Commencement, de « Chose » qui fait qu’à un moment donné, un Gamin sait ce qu’il veut faire plus tard. Ca me travaille beaucoup car il me semble impossible qu’un Gamin sache dire « Pourquoi » il veut être Architecte ou Dessinateur. Le Gamin dit qu’il aime construire des Maisons, le Gamin dit qu’il aime Dessiner, mais la Question qui tue c’est POURQUOI il aime construire des Maisons, POURQUOI il aime Dessiner ? Quand j’étais Petit, ce « Plus tard » semblait si loin alors qu’il n’était situé qu’à environ une Quinzaine d’Années. |
Quinze Ans, le Temps de voir que tout change, les Rêves, les Espoirs, les Chemins qu’on veut prendre, mais qui se ferment, nos propres Aspirations étant aussitôt broyées par l’Eternelle Question qui agresse l’Ecolier dès qu’il débarque au Collège : Que faire plus tard pour gagner de la Thune et ne pas finir Clochard ? Le Collège : pareil que la Primaire. L’Adolescence, les Confrontations, les Premières Grosses Bétises… |
Ensuite on arrive au Vrai
Gros Morceau : Le Lycée. J’ai du mal à me souvenir
de l’Etat d’Esprit dans lequel j’étais quand
je me levais le Matin, que je prenais ma Douche, que je m’habillais
et que je prenais le Bus pour y aller. Les Minutes avant que le Prof
arrive, les Potes à qui on serre la Main,
à qui on raconte les Trucs qu’on a vu hier à la
Télé (un Avant-goût de ce qui nous attends dans
le Monde du Travail, sauf que dans le Monde du Travail c’est des
Collègues, pas des Potes). |
Puis la Cloche sonne, et
le Cours se termine, et on sort pour se diriger vers une autre Salle
ou la même chose va recommencer, mais pour une autre Matière.
Dans le Lycée où je suis allé à partir de
la Seconde, il y avait plusieurs Bâtiments très espacés,
car c’était situé dans un Grand Parc. On pouvait
mettre sans Problème 10min pour aller d’un Cours à
un autre, ce qui avait le Don de rendre Furax
certains Profs à qui on répondait « Vous n’avez
qu’à rapprocher les Bâtiments ! » J’arrive
pas à me souvenir de ce que ça fait d’avoir des
Devoirs, la Pression, le fait d’avoir une Pauv’Note si on
foire le Contrôle, où l’envie de rester au Lit pour
ne pas aller en Cours (ça par contre, j’avoue, je me souviens
parfaitement) et glander chez soi, au chaud. |