Le But de cette Page est de partager tous les Petits détails que vous n’avez peut-être pas vu, et aussi de me faire part de ce dont je suis passé à coté, ce qui serait Hyper Sympa. Si vous n’avez pas vu le Film dont parle cette Page, votre Plaisir risque d’être gâché, alors pendant qu’il est encore temps, GO AWAY comme dirait la Mère de Brian !!!

Si vous avez lu d’autres Pages que j’ai écrit sur Hayao Miyazaki, vous aurez compris que j’aime beaucoup certains de ses Films, Le Château dans le Ciel et le Voyage de Chihiro en particulier, avec bien sur Mon Voisin Totoro. Il y a aussi la Page où je dis que Miyazaki a un Vélo dans la Tête. Je voulais depuis longtemps écrire une Page sur Princesse Mononoké, mais je ne savais pas comment l’attaquer, ce Film étant un peu Spécial pour moi. Je l’ai vu au Cinéma, puis en DVD, et rien n’y fait, j’ai quelque chose de Bizarre avec ce Film.

Je l’apprécie énormément en tant que Grande Fresque, mais… « de loin ». Je n’arrive pas à rentrer dans ce Film malgré les Visionnages, je n’arrive pas à m’intéresser aux Personnages. Il y a bien sur quelques Scènes qui sont Fort Belles, dans lesquelles je me reconnais, pas Globalement, je vois ce Film de loin, de très loin, malgré sa Grâce et sa Force.


Le Film débute par la Sublime Musique d’Introduction : La Légende d’Ashitaka. On découvre l’Univers où se déroule le Film, l’Histoire arrivant à Ashitaka, la Malédiction du Dieu-Démon, ainsi que son Départ vers l’Est, où se déroule l'Histoire.

Comme Introduction, c’est parfait, rien à dire. Et justement, c’est là que ça me paraît Bizarre : Je n’ai rien à dire sur cette Introduction. Ashitaka n’est pas un Personnage dans lequel je me reconnais, il est complètement Froid (peut-être un peu trop de Méga-Respect Bourgeois Japonais Animiste qui me gonfle…) et je me dis « Bon, OK, il est comme ça Ashitaka, je vais laisser l’Histoire se dérouler, il y aura bien quelque chose de plus entraînant à quoi se raccrocher… »

On se laisse pénétrer par ces Splendides Décors, cette Belle Musique (réellement Belle) et on en prend plein les Yeux, ce qui est quand même Merveilleux, comme à chaque fois avec Miyazaki. L’Attaque des Loups sur le Convoi de Dame Eboshi permet de bien démarrer le Film, de bien meilleure façon que celle d’Ashitaka. J’aime beaucoup le fait que la Princesse Mononoké (qu’on aperçoit furtivement) ne parle pas.


C’est sans doute pour cela que je préfère le Personnage de Mononoké à celui d’Ashitaka : elle est plus Humaine que lui, nous verrons ça plus loin. Pour le moment, Ashitaka est arrivé dans une Ville après avoir combattu des Guerriers lors d’une Bataille. J’aime beaucoup le fait qu’il coupe les Bras avec ses Flèches, ça sonne très « Légendaire », on peut sans problème imaginer un Vieux Livre nous contant l’Histoire d’Ashitaka, « L’Homme qui tirait tellement bien qu’il arrivait à couper les Bras de ses Ennemis avec des Flèches ».

Je me souviens de Réactions dans la Salle : des Eclats de Rire, comme si cela était trop « gros ». Ces Gens viennent de voir le Début d’un Film avec un Sanglier Géant recouvert de Nouilles Violettes, un Loup à Deux Queues, et ils pinaillent pour Ashitaka qui coupe les Bras avec des Flèches. Où va-t-on ? C’est une Fiction ! Fantaisie ! Imaginaire ! Ah la la les Enfants !!!


La Scène où Ashitaka voit Mononoké de l’autre coté de la Rivière est significative du coté fade d’Ashitaka. Ce dernier se présente à elle, mais elle s’en tape, elle suce le Sang de la Blessure de sa Mère, puis repart sans un Mot. J’aime.


Peut-être est-ce dans le Regard d’Ashitaka que je vois quelque chose de Fade, de trop Parfait, de trop Pur pour être Honnète. Quelque chose de presque (je dis bien presque) chiant, malgré toute la Bonne Volonté et la Générosité du Personnage. Heureusement qu’il y a la Scène des Kodamas (Esprits de la Forêts / Sylvains) pour se moquer un peu d’Ashitaka, je peux respirer, le tout sur une Musique Rigolote avec des Pizzicatos jouant une Jolie Mélodie.

Ecoutez, on entend même les Sylvains secouer leur Tête sur la BO du Film… On découvre après le Grand Cerf avec sa Tête de Maniaque qui fait Peur. En fait, on dirait que chaque Personnage du Film a un Rôle précis, à part Ashitaka. Comme si Ashitaka n’était qu’un Fil reliant les Personnages, les faisant interagir entre eux. Mais le Fil les faisant interagir, lui, n’a rien de particulier, sans être Neutre, comme on le voit quand Ashitaka arrive à la Forge de Dame Eboshi.



Le Personnage de Dame Eboshi est Typique de Miyazaki. Dame Eboshi (mais aussi San, la Princesse Mononoké) est un Personnage qu’on ne peut ni aimer, ni détester. C’est la Grande Réussite de ce Film, dont les Deux Personnages Principaux sont Dame Eboshi et Mononoké. Dame Eboshi rase la Forêt, oui, mais c’est pour donner du Travail aux Prostituées qu’elle a recueilli, ainsi qu’aux Lépreux qu’elle héberge chez elle. Mononoké défend la Forêt, oui, mais elle met dans le même Paquet tous les Humains, comme on le voit lors de la Scène où elle s’apprête à trancher la Gorge d’Ashitaka, qui vient pourtant de la sauver.

Le Thème Musical de Dame Eboshi est une Réussite. On retrouve dans d’autres Films de Miyazaki des Personnages qu’on ne peut pas aimer sans les détester, et vice versa, comme récemment, Hauru, du Château Ambulant, qui est Sympathique tout en étant une Véritable Plaie, ou le Sans-Visage du Voyage de Chihiro, ou Yubaba dans le même Film.

La Scène où Mononoké apparaît sur le Toit de la Forge est un Grand Moment. Le Combat qui s’ensuit également, on sent une Véritable Tension entre les Personnages de San et Eboshi. Mononoké ne parle pas, elle agit. La Classe… Juste après le Combat, interrompu par Ashitaka, nous entendons le Thème « Requiem », qui porte bien son Nom : la Mort est partout dans ce Film. Il suffit d’avoir été Traumatisé par l’Apparition du Dieu Cerf pour s’en rendre compte : sous ses Pattes, la Vie naît, puis meurt dès qu’il fait un autre pas. En revenant à la Scène du Combat de la Forge, on sent une Réelle Mélancolie : Ashitaka n’a toujours pas trouvé de Remède à sa Malédiction (pire, elle grandit en lui) ; le Conflit entre les Humains et Mononoké semble Impossible.


Lorsque Mononoké s’apprête à tuer Ashitaka, celui-ci lui dit « Tu es si belle… » Un des Rares moments où Ashitaka est Humain, le tout embelli par le Fond Musical dont le Nom est « La Volonté de Vivre », ce qui n’est pas innocent. Le Dieu Cerf guérit Ashitaka, ce qui nous permet de voir ce qui se passe la Nuit : le Dieu Cerf est un Géant Translucide, qui se promène comme ça… Il reprend la Forme du Dieu Cerf pour guérir Ashitaka. Traumatisant, ce Dieu Cerf…

Le Lendemain, Ashitaka voit que la Blessure qu’il a subi à la Forge (il s’est pris une Balle dans le Ventre) a disparu, mais la Malédiction est toujours là, sur son Bras. La Scène qui suit est très belle : San apporte de la Viande Séchée à Ashitaka, mais celui-ci étant trop faible pour la mâcher, elle lui mâche et lui donne, comme les Oiseaux nourrissant leurs Oisillons. Evidemment, on ne peut s’empêcher de penser que c’est un Baiser Indirect (et assez Miam) , bien qu’il ne s’agisse là que d’une Attention de San porté à un Humain que le Dieu Cerf a aidé.

On découvre ensuite une autre Histoire : celle des Samouraïs de l’Empereur qui veulent la Peau du Dieu-Cerf, sorte d’Imbroglio mêlant Dame Eboshi et le Moine Jiko. Le tout est assez Fade, bien qu’un ressente une certaine Tension.

On sent bien que Mononoké en veut aux Humains, et est bien décidée à partir en Guerre, bien que sa Mère Moro tente de lui dire de rester aux Cotés d’Ashitaka. De l’Action avec les Sangliers qui se préparent à la Guerre, avec la Forge qui est attaquée par les Samouraïs de l‘Empereur… Il faut attendre un peu avant que ça ne m’intéresse une peu avec le Passage où un Dieu Sanglier devient Fou en croyant voir revenus à la Vie ses Guerriers Sangliers (qui sont en fait des Humains déguisés avec des Peaux qu’ils portent sur eux).

Le Sanglier se transforme alors en Dieu Maléfique - On comprend aussi que lorsque les Animaux sont atteints d’une Balle (Symbole des Humains) ils deviennent des Dieux Maléfiques, comme le Sanglier au Début du Film. Une Idée Brillante, bien qu’un peu Naïve (« La Guerre, ça rend Mauvais »), mais Brillante quand même, la Naïveté peut nous sauver ! C’est alors, après quelques péripéties, que le Dieu-Cerf perd sa Tête, tranchée par une Balle de Dame Eboshi. Un instant qui vous glace le Cœur, car là on sent que tout est en train de partir dans un Grand Chaos. La Forêt commence à être inondée de la Glu composant le Corps du Dieu Cerf, et tout ce qui est touché meurt !

Les Kodamas commencent à mourir en nombre, ils tombent des Arbres comme des Poupées Mortes, la Mère de Mononoké meurt également, mais elle réussit à croquer un Bras à Dame Eboshi en souvenir. Le Dieu Cerf, privé de sa Tête, se transforme quand même en Géant Bleu, et de son Corps sortent une Dizaine de Bras qui plongent dans la Forêt pour retrouver sa Tête.

Une Image qui me plait beaucoup, on ressent une Certaine Panique, et aussi une Mélancolie, dans la Quête du Dieu Cerf, dont la Tête est prisonnière d’une Marmite portée par le Moine Jiko, qui compte bien l’emmener loin, je crois qu'il veut l'amener à l'Empereur mais je ne suis plus très sur.

La Glu détruit tout sur son Passage, la Forêt en prend plein dans la Figure, mais c’est sans compter sur le Courage de San et Ashitaka qui réussissent à rendre sa Tête au Dieu Cerf, dans une Scène Finale de toute Beauté (Piste 29 du CD, on entend même les Lamentations du Dieu Cerf dans le Fond à travers des Chants Etranges) qui se conclut par le Retour à la Paix, mais quelle Paix ?

La Forêt refleurit, revit, tout repousse comme par Magie, mais le Dieu Cerf est mort. Une Epoque vient d’être révolue : celle des Dieux de la Forêt. Dame Eboshi se rend compte de ses erreurs, Ashitaka et San se disent « Au Revoir », Ashitaka lui disant qu’il viendra lui rendre visite.

Tout cela avec le Fond Musical « Ashitaka et San » de la BO, qui file des Frissons, entre Paix et Tristesse, car cette Fresque a tué beaucoup de Gens, malgré la Nature et la Vie revenues un peu partout. Mais non, tout n’est pas perdu, regardez la toute Dernière Image : la Végétation repousse à travers les Arbres abattus, une Plante repousse au Milieu de ce Bazar, et là, à coté, apparaît un Kodama ! La Nature va revivre, et avec elle les Esprits de la Forêt !

Princesse Mononoké est un Film Etrange. Pas de Choses Volantes comme dans les autres Films de Miyazaki. Ici, c’est du Terre à Terre, c’est de la Grande Fresque Epique. Ca change ! Le Personnage d’Ashitaka est le Rôle Parfait : tout ce qu’il fait est bien. On peut donc penser qu’Ashitaka représente la Nature faite Homme, car c’est lui qui résout le Conflit en rendant sa Tête au Dieu Cerf. A coté, Dame Eboshi et San sont imparfaites, l’une est Humaine, l’autre est Animale, et entre les Deux, Ashitaka est le Pont qui réussit à calmer tout ça. C’est très bien pensé, c’est Beau, malgré le fait qu’il soit Impossible de s’identifier au Personnage d’Ashitaka tant il n’a pas de Défaut.

En fait, pas de Complexité ni de Subtilité (comme on peut le lire dans l’Analyse de Buta Connection), rien de tout cela : Ashitaka est parfait, c’est l’Incarnation de la Nature. Princesse Mononoké est le Récit de la Nature qui décide de régler un Conflit en envoyant un Emissaire (Ashitaka) pour tout balayer d’un Grand Geste de la Main (la Glu du Dieu Cerf ayant perdu sa Tête) avant de recommencer à Nouveau.

L’Analyse de Buta Connection parle de la Fin d’une Epoque, d’une Rupture signifiée par la Mort du Dieu Cerf. Mais alors, et le Kodama à la Fin ?

Les Esprits de la Forêt ne vont-ils pas revenir ? Je suis sur que si !! La Vraie « Mort » des Esprits de la Forêt, je la vois dans un Film comme Pompoko. Il n’y a pas de Changement ou de Rupture, Princesse Mononoké nous parle simplement du Cycle de la Vie. Une chose meurt, une autre renaît à sa place, juste après. En ce qui me concerne, vous l’aurez compris, Princesse Mononoké n’est pas pour moi une Histoire « isolée », je pense qu’elle est le Point de Départ d’autres Guerres où les Humains ont voulu s’approprier le Pouvoir des Dieux.

Il y aura d’autres Tragédies, d’autres Incendies, et la Nature l’emportera toujours, calmant les Humains pour un petit moment, avant qu’ils ne reviennent à la Charge. C’est un très Grand Film, dans lequel j’ai du mal à m’identifier, à trouver ma Place, mais un Grand Film quand même, et ne pas le voir serait une Immense Erreur, vous passeriez simplement à coté d’un des Trois Grands Films d’Animation Japonais que sont Akira, Ghost in the Shell et Princesse Mononoké.



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...Des Images et des Panoramiques sur cette Page !
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...Des Images de Yakushima, l'Ile qui a inspiré les Décors du Film !
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...La Page de Buta Connection, avec un très Bon Dossier !


[ 2006 - E-Mail ]