Cette Page est une Suite
de Textes de tous mes Etats d’Ame quand j’ai un Coup de
Blues, un Coup de Déprime, un Petit ou un Gros Spleen, et il
est bien évident que ça passe très vite du Coq
à l’Ane souvent. Cette Page n'est pas très
Drôle. Si j’ai écris tous ces Coup de Blues, c’est
car ça me défoule. Simplement. Je ne voudrais pas avoir
l’Air de semer à tous les Vents mes Coups de Déprimes
pour attirer l’Attention à n'importe quel Prix. Je ne
cherche pas non plus à recevoir des Mails me conseillant de
tenir bon, de ne pas me suicider : C'est pas la Peine, merci, j'ai
des Choses à faire. |
Conduire vers Paris quand
il fait Gris, sur une Autoroute Grise, dans une Voiture Grise, en
étant soi-même pas en Forme, y a de quoi tourner joyeusement
le Volant très vite pour s’envoyer en l’air. Mais
non, impossible, à cause de ces Saloperies de Rails de Sécurité
- Gris, eux aussi - qui vont me jeter dans l’autre Sens, et
au lieu de m’envoler, ah, monter vers les Nuages, m’élever
dans le Ciel, par-dessus le Parapet,
et m’écraser dans une Majestueuse Courbe je ferais trente
six tonneaux, et je ne serais même pas mort. La Honte. |
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Et
la Terre continuera de tourner, rien n’aura changé, juste
un « -1 » sur la Liste, et tout est oublié le lendemain,
puisque Monaco a gagné contre Lens. Les Yeux s’embrument,
je vois d’autres Conducteurs, rouler vers Paris. Parmi eux, y
en a bien un qui va crever en premier. Et puis, le Mur
Anti-Bruit sera repeint, il ça sera propre. |
C’est tellement confortable,
la Déprime, ça ne demande aucun effort, on reste là,
à rien foutre et on se dit que de toute façon si on
essaye de faire quelque chose pour changer, ça foirera. J’écoute
« S’asseoir par Terre » de Souchon, qui dit «
Tu verra bien qu’un beau matin fatigué, j’irais
m’asseoir sur le trottoir d’à coté. »
et je le vois mourir, rejoignant les autres Morts. Il n’y a
rien après la Mort. Pourquoi ? Parce que sinon, on va au Paradis,
et on rencontre des Gens qui n’ont pas vécu à
la même Epoque, et ça risque de déchirer le Tissu-même
du Continuum Espace-Temps. J’écoute du Souchon «
Le Bagad de Lan-Bihoue » et j’ai peur
d’être comme ça dans… dans 10 ou 15ans, c’est
pas si loin que ça, c’est le même Trajet que lorsqu’on
passe de 10 à 25ans. |
Une autre Chanson, tant
qu’on y est : Nicolas, de William Sheller. Identification immédiate,
même si je n’ai jamais vécu cette scène.
Sûrement la Tristesse de son Piano, et cette Batterie plutôt
lente, qui ajoute à l’Atmosphère pesante, avec
ces Violons qui pleurent. « Ce Soir tu dormiras bien mieux,
au milieu du grand lit ». C’est fou comme
ces simples mots évoquent aussitôt des images très
précises. Je pense au Film « Le Grand Chemin ». |
Il faut que je pense à me distraire. Devant moi marche une femme, qui parle toute seul. Je marche juste derrière elle, j’écoute bien ce dont elle parle pour voir si elle est en conversation avec son Kit Mains libres, Kit qui permet de passer instantanément pour un(e) Con(ne) dans la Rue dès qu’on l’utilise. Elle n’a pas de Kit, et parle donc toute seule, se plaint de choses que je ne comprends pas. Je suis souvent en train de me moquer des gens qui parlent tout seul dans la rue, mais heureusement, la lucidité me saute à la figure : parler tout seul à voix haute, ou dans sa tête, c’est la même chose. |
On
se parle à soi-même, on se rassure, on imagine quels chemins
pourraient prendre des décisions qu’on va être amené
à prendre à la fin de notre itinéraire, si on réussit
un entretien d’embauche, ou si le copain chez qui on se rend n’est
pas là, ou si on a oublié
de prendre le parapluie et que les nuages deviennent de plus en plus
anthracites. Parler dans sa tête ou à haute voix, c’est pareil. Sauf que parler tout seul à haute voix, ça libère. Alors je le fais, je regarde si je suis bien seul, je scrute derrière mon épaule, et je me mets à parler tout seul. C’est fou le bien que ça fait. Ca libère. Est-ce que c’est le même plaisir que ressentent les Chanteurs lorsqu’ils s’adressent à la Foule ? Est-ce le même que celui des Hommes Politiques lors de leurs Meeting ? Je repense aux Mails que je reçois avec Tubulamarok ou mes autres Sites : des Gens qui me disent qu’ils ressentent la même chose que moi. Alors on se sent moins seul, et le Monde est plus rassurant quelques instants, jusqu’à ce que le Blues revienne. |
En rentrant en Bus, je
vois bien des comportements Loufoques : une Mère de Famille
assise, tandis que son Bébé chiale dans sa Poussette,
à 30cm de là, et la Mère qui ne lui tend même
pas la main, qui ne va même pas le réconforter, même
pas lui parler. La Mère est là, regarde son Bébé,
lui dit de se taire 2 fois en 35 Minutes de Trajet. Heureusement que
j’ai mon Balladeur avec dans les Oreilles une Chanson
de Barbara qui chante « Le Mal de Vivre » : « Ils
ont beau vouloir nous comprendre / Ceux qui nous viennent les mains
nues / Nous ne voulons plus les entendre / On ne peut pas, on n'en
peut plus / Et tous seuls dans le silence / D'une nuit qui n'en finit
plus / Voilà que soudain on y pense / A ceux qui n'en sont
pas revenus » et puis au Final, la Chanson se terminant par
« Et puis un matin, au réveil / C'est presque rien /
Mais c'est là, ça vous émerveille / Au creux
des reins / La joie de vivre / La joie de vivre / Oh, viens la vivre
/ Ta joie de vivre ». |
Je passe près du Louvre, la Nuit, et je vois ce Sol, constitué de plein de dalles carrées, qui sont un chouia décalées les une par rapport aux autres. Du coup, si on regarde deux dalles, on dirait qu’elles sont parallèles, mais en regardant l’ensemble, ça forme une grand courbe. Une représentation de la Vie : on s’éloigne peu à peu du Chemin qu’on s’est fixé, comme ça, sans s’en rendre compte, 1cm d’écart, c’est rien après tout, c’est pas grave, les compromis, les relations humaines, les choix.... Et à la fin, au lieu d’être arrivé à la Fin, on se retrouve à l’Est alors qu’on voulait aller au Nord.
Les Compromis, les Entorses
à la façon dont on aimerait que les choses se passent,
les Embrouilles Minables, qui semblent très justifiées,
très « normales » sur le moment, puis après
une longue Période on se demande comment ça a pu commencer,
on voit ça d’un œil presque Extérieur, on
se regarde, et on se trouve Débile, on cherche comment ça
a commencé, on a oublié, et on a envie d’aller
revoir les Personnes concernées pour que tout reparte à
Zéro. Mais on ne peut pas
repartir à Zéro. |
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Ce n’est pas gagné,
il y a tant de choses qu’on ne maîtrise pas : les Amis
qu’on a perdu de vue, ceux qui nous ont zappé de leur
vie, ceux qu’on a nous-même zappé de notre vie,
ceux avec qui on s’est embrouillé, ceux qu’on ne
veut pas plus voir mais dont on imagine la possible souffrance de
leur coté, à se demander si on pense à eux, ou
pas, ceux qui nous appellent mais qu’on ne veut plus revoir,
ceux qui pensent qu’on les considère comme des Amis.
Trop de Scénarios, mais la même Volonté de vouloir
que « tout redevienne comme avant », mais dans un Coin,
toujours ces Petits Evènements qui font qu’on s’est
séparé, ces Evènements qui restent accrochés
comme une Moule sur son Rocher, qu’on ne peut PAS enlever. |
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Nous restons
Puériles, incapables de repartir à Zéro comme un
Enfant qui se prend une Baffe par son Père, et qui a oublié
3 Jours après. Nous sommes Adultes, nous n’oublions pas,
le Passé est là, et on ne peut pas l’enlever. En
étant Adultes, les Raisons qui nous amènent à nous
battre entre nous deviennent encore plus Gangreneuses : parler de Politique.
Sur quoi se construit l’Amitié finalement ? Reconnaît-on
vraiment un Ami à sa capacité à nous décevoir,
comme nous dit Desproges ?
J’écris ces Lignes dans un Petit Carnet au Travail, il y a Grève dehors, et une Collègue a du venir avec sa Fille de 5ans, qui trottine dans les Couloirs, insouciante, étrangère aux Significations des Papiers Syndicaux affichés au murs qui disent tous la même chose : « Nous travaillons avec/pour des Gens que nous n’aimons pas. » Et si on se mettait tous à trottiner dans les Bureaux ? Les Repères
qui s’en vont. Des Repères qui me font du mal quand ils
s’en vont, démolis, rasés, détruits et plein
d'autres mots qui veulent dire la même chose, mais les mêmes
choses reviennent sans cesse dans la Vie. D’abord l’Asile
de Vauhallan, puis l’Usine Renault, puis les Grands Moulins de
Paris. Des Endroits que j’ai du visiter une Dizaine de fois chacun,
mais qui avaient bien plus d’importance que je ne le pensais.
Petite Touche d’Optimisme quand même : la Nature reprend
ses Droits sur le Terrain où était situé l’Asile,
avant. Des Photos au Printemps 2006, ici,
en bas de la page. |
Un Dernier Texte, ça
en fera 7, Porte-Bonheur, et puis en plus ce Texte se finit vachement
bien, ça calmera un peu l’Ambiance Pourrie des autres
Textes. Bref, allez Hop, un Septième Texte pour conclure cette
Page : Un Mail qu’on reçoit, une Dispute, et on s’entend
dire qu’on a changé, qu’on est plus le même,
que des Choses nous ont pourri. Le Temps passe. Ah la la, je vais
relire ce Texte, et je vais le trouver Chiant ! Au moment où
j’écris ces Lignes, je regarde le Cahier où je
les ai écrit, un Soir sur le Balcon.
Y’avait une Petite Bise rafraîchissante, idéale
pour faire le Point, parfaite pour sentir sur sa Peau quelque chose
de Doux passer, repasser, profitons de cette Douceur ! Oui, je suis
d’Humeur Guillerette, bien qu’au moment où je grattais
mon Cahier avec un Crayon à Papier, ça n’allait
pas fort. Enfin si quand même, un peu, je me sentais sur une
Nouvelle Voie, laissant derrière moi des Choses trop Lourdes
à porter. |
J’ai envie d’écrire sur ce Grand Nuage Gris qui passe au-dessus de la Friche Industrielle, cette Mer d’Arbres, mais je n’en ai plus envie. Je n’ai plus la Foi, je n’ai plus la Naïveté. C’est rien, ça va passer, t’inquiète pas. Ca va revenir, et après je ferais une Belle Métaphore bien Cul-Cul, et en route vers le Château dans le Ciel. Je ne crois même pas en ce que je suis en train d’écrire, mais faut que ça sorte, la Fin de ce Texte sera Pleine d’Espoir, je le veux ! D’ailleurs l’Espoir revient au moment même où je l’appelle. Un Petit Vent vient de l’Ouest, c’est frais sur ma joue, c’est bon… On prend une Profonde Inspiration, on se lève, allez allez, on se lève ! On se lève et on prend une Grande Bouffée d’Air ! J’ai bien envie de penser que ce Vent vient de la Mer. Il sent le Port, le Poisse-Caille, la Marée, et ça sent bon, tout ça. Ca sent le Vide, ça sent l’Homme face à la Mer (le Premier qui me parle de Pyssa ou de Colagoré je le pousse du Haut du Balcon, en bas c’est des Dalles, ça fait mal), l’Homme tout seul en face du Néant, le Bon Gros Néant Originel : Il n’y a rien avant, rien pendant, et rien après. On est tout seul au Milieu de la Mer, et on est seul avec son Cerveau qui pète tous ses Boulons uns par uns en se disant qu’on est au Milieu de Nulle Part, et que la Mort va venir, lente et froide. Il n’y a rien à part de l’Eau, et nous sommes tous des Poissons. Vous avez vu Arizona Dream ? |
Le Vent revient, ça va un peu mieux, je reviens à la Réalité quand j’entends une Voiture passer en bas de chez moi, vomissant une Soupe au R’N’B. Je me dis que le Type qui impose ça, toutes Fenêtres dehors, c’est un Abruti. J’ai tort de penser que c’est un Abruti ? Non, c’est un Abruti de faire ça. L’Air Frais est là, tout entier, j’ai Froid et j’aime ça. Rien de plus Délicieux que de frissonner quand vous savez que 15 Minutes plus tard vous pouvez être dans un Bain Chaud. J’entends le RER qui passe, au loin. Je pense au Voyage de Chihiro, la Mer tout autour, chez moi elle est Verte, et elle est pleine de Bâtiments Abandonnés avec des Terrains de Tennis couverts de Mousse. Je prends en Photo la Table, blablablabla, ras-le-bol, j’en ai Marre de ça. Je veux plus. J’veux juste dessiner mes Conneries. Je vais le faire. Tiens, le Vent se lève, je vais prendre les Etiquettes qu’on me colle, m’en faire des Ailes, et m’envoler. J’ai Plein de Plumes !!! J’veux conquérir quelque chose de dur, partir d’en bas, pour m’amuser. Le Paquet de Crocos volète dans le Vent, va-t-il s’envoler ? Il va tomber par Terre, ouais, ça fera un Joli Petit Bruit marrant. On pense trop souvent à empêcher les Choses de s’envoler (même si elles doivent se péter par Terre) loin de soi, on a tort : Une fois loin de nous, ces Choses sont finalement toutes Petites. |
Cette Page sera sûrement continuée quand j’aurais d’autres Coups d’Blues. En attendant, elle s’arrête là. |
[ 22 Mai 2006 - E-Mail ]